D’abord, pas de panique

Un site piraté, cela arrive à des structures de toutes tailles. Ce n’est pas une fatalité, ni forcément le signe d’une grosse négligence. Le plus souvent, les attaques sont automatisées : des robots cherchent en permanence des sites qui présentent une faille connue.

Les signes sont variés : des pages ou des liens que vous n’avez pas créés, des redirections vers des sites douteux, un message d’alerte de Google ou du navigateur, un hébergeur qui suspend votre compte, ou des emails envoyés depuis votre domaine à votre insu.

L’important est d’agir avec méthode. Les étapes ci-dessous valent pour tout type de site, et en particulier pour un site WordPress piraté, cas très fréquent.

Étape 1 : isoler le site et garder une trace

Premier réflexe : limiter les dégâts. Mettez le site en maintenance, ou demandez à votre hébergeur de le rendre temporairement inaccessible. Vous évitez ainsi que vos visiteurs soient exposés à du contenu malveillant.

Avant de toucher à quoi que ce soit, faites une sauvegarde de l’état actuel du site : fichiers et base de données. Cela peut sembler étrange de sauvegarder un site infecté, mais cette copie est précieuse. Elle permet d’analyser ce qui s’est passé, sans risque de perdre des indices en nettoyant trop vite.

Prévenez aussi votre prestataire technique et votre hébergeur. Ils pourront vous aider et disposent parfois d’informations utiles (journaux de connexion, alertes).

Étape 2 : changer tous les mots de passe

Considérez que tous les accès liés au site ont pu être compromis. Changez les mots de passe :

  • de votre espace client chez l’hébergeur ;
  • des accès FTP/SFTP et SSH (les accès techniques aux fichiers du serveur) ;
  • de la base de données ;
  • de tous les comptes administrateurs du site ;
  • des adresses email liées au site.

Profitez-en pour vérifier la liste des comptes administrateurs. Supprimez ceux que vous ne reconnaissez pas et ceux qui ne servent plus. Choisissez des mots de passe longs et différents pour chaque accès : un gestionnaire de mots de passe vous simplifie la vie.

Étape 3 : trouver l’origine et nettoyer

Nettoyer un site hacké sans comprendre comment l’attaquant est entré, c’est prendre le risque qu’il revienne. Les causes les plus courantes :

  • une extension ou un thème obsolète présentant une faille connue ;
  • un compte administrateur au mot de passe trop faible ou réutilisé ailleurs ;
  • un CMS pas à jour ;
  • un accès oublié, par exemple celui d’un ancien prestataire.

Ensuite, deux options :

  • restaurer une sauvegarde saine, antérieure au piratage, si vous en avez une et si vous savez à quelle date l’intrusion a eu lieu ;
  • nettoyer le site : rechercher et supprimer les fichiers et le code malveillants, dans les fichiers comme dans la base de données.

Dans les deux cas, terminez par une mise à jour complète : CMS, thème, extensions. Supprimez les extensions inutilisées. Sinon, la faille reste ouverte.

Rassurer Google et vérifier les listes noires. Un site piraté peut être signalé par Google comme dangereux. Dans Google Search Console, consultez la rubrique consacrée aux problèmes de sécurité. Une fois le site nettoyé, vous pouvez y demander un réexamen.

Vérifiez aussi que votre domaine ne figure pas sur des listes noires (des listes de sites ou d’adresses jugés malveillants, utilisées par les navigateurs, antivirus et messageries). Si c’est le cas, chaque liste propose en général une démarche pour demander le retrait.

Étape 4 : penser aux données personnelles

Votre site contient-il des données personnelles ? Comptes clients, formulaires de contact, commandes… Si ces données ont pu être consultées, modifiées ou dérobées, on parle de violation de données.

Le RGPD (article 33) prévoit que, si cette violation présente un risque pour les personnes concernées, elle doit être notifiée à la CNIL dans les 72 heures après en avoir pris connaissance. Dans certains cas, les personnes elles-mêmes doivent aussi être informées. En cas de doute, faites-vous accompagner par votre délégué à la protection des données ou un conseil juridique.

Pour vous orienter, le dispositif public cybermalveillance.gouv.fr propose des conseils et une mise en relation avec des professionnels.

Et pour la suite : prévenir plutôt que guérir

Une fois le site remis sur pied, quelques habitudes réduisent fortement les risques :

  • des mises à jour régulières du CMS, du thème et des extensions ;
  • des sauvegardes automatiques, stockées ailleurs que sur le serveur, et testées ;
  • la double authentification (2FA) sur les comptes sensibles ;
  • un nombre limité de comptes administrateurs.

Un contrat de maintenance permet de ne plus y penser : ces tâches sont faites pour vous, à intervalles réguliers.

Chez JAM IT, nous intervenons rapidement pour isoler votre site, identifier l’origine du piratage, le nettoyer et le sécuriser. Nous vous expliquons ce qui s’est passé, en toute transparence, et ce qu’il faut faire pour que cela ne se reproduise pas. Découvrez notre service de dépannage de site internet.